MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN

Laïcité : le gouvernement doit écouter les professeurs et les personnels de direction
jeudi 22 avril 2004

Tel qu'il a été présenté par le ministre de l'Education nationale, le projet de Circulaire d'application de la loi sur les signes religieux à l'école constitue une régression dangereuse par rapport à la loi adoptée en février dernier. Il vide la loi de son contenu.

Ce projet de circulaire, long et touffu, dilue l'impact de l'interdiction législative. Surtout, la référence insistante et inutile au dialogue (qui est de toute façon une obligation légale avant toute mesure disciplinaire), laisse augurer d'une négociation inacceptable sur les principes. Je le rappelle solennellement : un principe s'applique, il ne se négocie pas !

Les références aux tenues traditionnelles et autres tolérances du bandana sont totalement inacceptables, puisqu'elles ouvrent la voie à une surenchère communautaire et aux provocations des intégristes.

Au total, si elle restait en l'état, cette circulaire mettrait les enseignants et les chefs d'établissements dans une situation aussi difficile voire plus difficile que la situation antérieure à la loi. Ils seraient à nouveau seuls au front pour défendre la laïcité. On ne saurait tolérer que le gouvernement se dérobe ainsi.

Dès lors, les enseignants et les personnels de direction ont raison de rejeter, en l'état, cette circulaire semée d'embûches. Il est urgent que le gouvernement accepte les amendements qui vont dans le sens d'une application sans faiblesse du principe de laïcité.

On peut s'interroger avec inquiétude sur la volonté réelle du gouvernement de faire appliquer le principe de laïcité, à l'école, comme d'ailleurs dans le sport, où le récent rapport pourrait à son tour rejoindre les rayons d'une bibliothèque…

Georges Sarre est maire du XIe arrondissement de Paris et porte-parole du MRC.

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