MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN
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Réponse de
Jacques Chirac à Georges Sarre à propos du siège français au Conseil de sécurité de l'ONU
Paris le 10 août
2004.
Monsieur le ministre,
Vous avez souhaité me faire part de vos inquiétudes sur l'avenir du siège permanent de la France au
Conseil de sécurité à la suite de l'adoption par le Parlement européen d'un rapport proposant la création,
à terme, d'un siège permanent pour l'Union européenne. Je tiens à vous en remercier. J'ai pris connaissance
avec attention de votre lettre et puis vous assurer que la France n'a nulle intention de renoncer aux
responsabilités particulières de membre permanent que lui confère la Charte des Nations Unies.
Comme vous le savez, la France est favorable à l'élargissement du Conseil de sécurité, dans les deux
catégories de membres, permanents et non-permanents, afin de refléter l'évolution des équilibres du
monde. Je souhaite que cette réforme puisse aboutir rapidement après la remise, l'année prochaine, des
conclusions du panel de haut niveau constitué par M. Kofi Annan afin de faire progresser le débat sur
la réforme des Nations Unies.
Les traités actuels, comme la future Constitution européenne, reconnaissent le statut particulier de
la France et du Royaume-Uni en tant que membres permanents du Conseil de sécurité. Il leur appartient
ainsi de défendre dans cette enceinte les positions et les intérêts de l'Union, « sans préjudice des
responsabilités qui leur incombent en vertu des dispositions de la Charte ». La France veille naturellement
à faire vivre ces dispositions de la manière la plus conforme à l'esprit de la construction européenne.
En particulier par des coordinations systématiques visant, lorsque cela est possible, l'adoption de
positions communes.
Je vous prie de croire, Monsieur le ministre, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.
Le président de la République.
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