MOUVEMENT
REPUBLICAIN et CITOYEN
Corse : continuation du processus de Matignon "puissance
25"
7 avril 2003
Le
nouveau projet de statut institutionnel présenté en Corse par Messieurs Sarkozy
et Raffarin est tristement symptomatique de l'idéologie anti-Etat et de retour
sur les acquis républicains de ce gouvernement libéral, allié de la globalisation
financière.
On ne peut d'abord que constater amèrement que le gouvernement passe outre le
désaccord d'un grand nombre d'élus des départements corses et tourne le dos
au préalable de l'arrêt des violences. Quant au référendum annoncé, ce serait
un déni de démocratie si ses modalités en faisaient, comme c'est à craindre,
un scrutin sans choix.
Or la suppression des départements corses serait une terrible erreur qui ne
ferait qu'affaiblir la puissance publique. D'autant que si les Corses approuvent
la collectivité territoriale unique par référendum, le gouvernement a déjà annoncé
qu'il irait plus loin encore dans l'engrenage, en lui faisant attribuer par
le Parlement un pouvoir législatif autonome étendu. D'attentats terroristes
en renoncements gouvernementaux, la Corse s'approche à vitesse grand V du statut
de Territoire d'Outre Mer ce qui serait un pur scandale.
Et Messieurs Raffarin et Sarkozy ne comptent pas arrêter en si bon chemin leurs
expériences d'apprentis sorciers : ils comptent généraliser l'erreur corse à
l'ensemble des régions françaises, où potentats et autres barons locaux ne manqueront
pas en effet de réclamer toujours plus de pouvoir. Or un pouvoir législatif
régionalisé, c'est l'institutionnalisation de l'inégalité des citoyens devant
la loi !
La logique est claire : renvoyer l'organisation politique de la France à la
féodalité. Cette déconstruction par le bas, conjuguée à la dilution par le haut
qu'est la construction européenne libérale et fédérale, vise à démanteler l'Etat
et à affaiblir la France. En un mot, il s'agit de désarmer les citoyens français
face à la mondialisation libérale.