MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN

Réaction suite aux propos de M. Raffarin dans France Europe Express le 03/04/2003
4 avril 2003

Il est profondément regrettable que le Premier Ministre n'ait annoncé aucune initiative nouvelle pour arrêter la barbarie de la guerre en Irak. La France doit exiger un cessez-le-feu immédiat et l'ouverture d'une conférence internationale pour la paix. Face à la crise économique, aux menaces qui pèsent sur le monde du travail, Jean-Pierre Raffarin n'a pas réussi à cacher sa passivité : ses formules de marketing politique ne font plus illusion. Son idéologie est clairement libérale : il n'a que le " moins d'Etat " à la bouche : moins de charges, moins d'impôt, moins de fonctionnaires...

C'est comme par hasard sur ce thème qu'il s'est réconcilié avec le Commissaire européen ! Le Service Public est gravement menacé. Avec la décentralisation, cette politique de libéralisation conduira au délitement de l'Etat, et à l'affaiblissement de la France. Et ce thatchérisme de velours ne peut que renforcer le cercle vicieux de la crise économique et sociale. Face aux inquiétudes légitimes des centaines de milliers de manifestants qui ont défilé dans les rues, Jean-Pierre Raffarin fait preuve d'une surdité grave. Il n'a apporté aucune garantie sur le montant et l'avenir des retraites. Il ne pense qu'à désigner les fonctionnaires comme boucs émissaires, et s'apprête à imposer aux forceps l'augmentation de la durée de leurs cotisations. Diviser ainsi les salariés du privé et du public est une très mauvaise manière d'aborder le dossier des retraites, et un nouveau mauvais coup porté à l'Etat. Enfin, le Premier Ministre aura sans doute inquiété tous les Français attachés à l'unité de la République en annonçant un nouveau statut pour la Corse, suivi d'un référendum local. Cette initiative risque de contribuer au détachement de l'île, qui participerait du démantèlement de l'unité nationale. Seul point positif, face aux préoccupations de Français, conscients du risque de montée des communautarismes, Jean-Pierre Raffarin a eu raison d'insister sur l'importance de la laïcité.

Toute initiative la renforçant, notamment face au port du voile à l'Ecole, irait dans le bon sens, et nous attendons maintenant que Jean-Pierre Raffarin joigne la parole aux actes. Le Premier Ministre a fait preuve d'un optimisme de commande, profondément décalé par rapport à la réalité économique, sociale et politique du pays.

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