Les socialistes européens ont-ils le sens des priorités ?
mercredi 4 juin 2003

Le Parti des socialistes européens (PSE) vient de se prononcer pour la suppression des sessions du Parlement européen à Strasbourg. Cette décision est aussi incongrue que malvenue. Les représentants socialistes à la Convention sur l'Avenir de l'Union européenne pensent-ils sérieusement qu'un débat sur le siège des institutions communautaires européennes soit la priorité alors que démonstration semble faite de l'impossibilité de créer une démocratie à échelle continentale ?

Que pensent les députés européens socialistes français d'une proposition qui relèguerait Strasbourg - ville symbolique de l'entente franco-allemande - aux oubliettes d'une Europe qui ne sait plus où elle va ? L'Europe communautaire créée par le Traité de Rome a atteint ses limites. Le système de répartition des pouvoirs qui en était né, qui s'était trouvé conforté depuis - notamment par le Traité de Maastricht - et que la Convention avait tenté de réformer, se trouve aujourd'hui dans une impasse. Il s'agit là de la principale réalité à prendre en compte si l'on veut proposer un projet politique alternatif aux peuples européens.

Quoiqu'il en soit si le socialisme européen veut avoir un avenir face aux droites européennes, il se doit de se pencher sur la nécessité de refonder nos démocraties en rompant avec la construction européenne telle qu'elle se fait ; là est la priorité.

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