MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN

Licenciement étrangement soudain d'un chroniqueur de France Inter
lundi 21 juillet 2003
Elie Arié

Le MRC s'élève contre le licenciement brutal de Martin Winckler, chroniqueur matinal à France Inter, dans des conditions tout à fait inhabituelles, qui en disent long sur les relations entre services publics d'information et intérêts financiers privés.

Quelques semaines auparavant, le 15 mai, se référant au livre de Philippe Pignarre, "Le grand secret de l'industrie pharmaceutique", (Ed. La Découverte), il expliquait que les laboratoires étaient en crise. N'ayant fait aucune découverte majeure ces dernières années, hormis les antirétroviraux, coursés par les génériques, ils en étaient réduits à livrer une bataille acharnée sur le terrain des brevets et à recourir à divers expédients, que Martin Winckler détaillait : escamotage des résultats défavorables d'études cliniques, tests « au rabais » dans le tiers monde, matraquage de la communauté médicale et corruption de ses leaders d'opinion, création de maladies imaginaires (comme l'« impuissance féminine »). En avril, il avait déjà dénoncé une campagne publicitaire encourageant la prise, à titre préventif, d'un médicament contre le cholestérol.

Le 4 juillet, Martin Winckler apprend par lettre recommandée que sa chronique s'arrête ce jour. A la place, la dernière semaine, France-Inter diffuse... de la musique. Sauf le 11 juillet. Ce matin-là, le présentateur annonce un « droit de réponse » des « Entreprises du médicament » (LEEM).

« Qu'un lobby privé ait ainsi le dernier mot sur une antenne publique, c'est dramatique, commente l'intéressé. Pas tant pour moi que pour les rédacteurs d'Inter, pour ce que cela signifie de leur indépendance. »

Le MRC s'élève vivement contre cette soumission d'un service encore et soi-disant public à des intérêts financiers.

Il incite vivement ses adhérents, intéressés par la politique du médicament, à lire l'ouvrage cité ci-haut, ainsi que le recueil des chroniques de Martin Winckler, à paraître en automne, et auquel France Inter a refusé d'accoler son logo.

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