MOUVEMENT
REPUBLICAIN ET CITOYEN
Lionel
Jospin n'a rien appris et rien oublié
lundi 13 octobre 2003
Georges Sarre
A
la lecture de sa tribune dans Libération, chacun peut constater que Lionel Jospin
n'a rien appris, rien oublié.
Les critiques justes mais superficielles qu'il formule à l'encontre de la politique
de l'actuel gouvernement sont avant tout un plaidoyer « pro domo ».
Lionel Jospin oublie les contraintes maastrichtiennes dans lesquelles, sauf
à rompre avec elles, se trouverait enfermé un gouvernement socialiste aussi
bien que l'actuel : Banque centrale européenne toujours en retard d'une baisse
des taux d'intérêt, euro fort qui asphyxie la croissance, pacte de stabilité
budgétaire « stupide », etc. Il oublie complètement ses propres engagements
à Barcelone…
Il est frappant de constater que l'ex. Premier ministre ne se livre pas à la
moindre autocritique quant au passé : il ne revient pas sur sa soumission à
l'Europe de Maastricht, à une mondialisation aux règles biaisées, ni sur son
absence de politique industrielle… Aujourd'hui comme hier, Lionel Jospin attendrait
comme Jean-Pierre Raffarin la croissance venue d'Amérique.
Quant à la politique internationale, c'est l'atlantisme qui transpire du texte
de Lionel Jospin sur l'affaire irakienne. Ses propos éclairent d'un jour cru
les choix qu'il fit en son temps.
Lionel Jospin a raison de critiquer l'impasse que représente l'extrême gauche,
mais ne propose rien pour ramener à gauche l'électorat populaire. Manifestement,
il compte sur une usure rapide du pouvoir actuel plutôt que sur un profond changement
d'orientation à gauche, sans lequel, pourtant, rien n'est possible.
Georges Sarre est maire du XIe arrondissement
de Paris et porte-parole du MRC.