MOUVEMENT
REPUBLICAIN ET CITOYEN
Il ne faut pas mélanger la politique et la religion !
mercredi 7 janvier 2004
Après
les orientations données par le président de la République suite aux conclusions
de la commission Stasi, c'est naturellement au Parlement de légiférer, et donc
à la Représentation nationale de choisir le contenu de la loi réaffirmant l'application
du principe de laïcité à l'école.
Toutefois, les dernières prises de positions de l'UMP visant à inclure dans
la loi l'interdiction des signes politiques à l'école sont très discutables,
voire alarmantes, car elles pourraient conduire le Parlement à voter un texte
amalgamant la politique et la religion. Ce serait là un double contre-sens,
sur lequel j'avais pour ma part alerté la Commission Stasi dès mon audition.
D'abord, un tel amalgame ferait un contre-sens sur le problème qui se pose aujourd'hui
à l'école : la jurisprudence du Conseil d'Etat de 1989 avait rendu floues les
règles d'application du principe de laïcité à l'école, ce qui justifie la loi
à venir, mais le principe de neutralité politique de l'école a toujours été
quant à lui parfaitement clair et respecté. Il est donc inutile d'enfoncer une
porte ouverte.
Ensuite, faire l'amalgame entre politique et religion dans ce texte reviendrait
à renverser le principe de laïcité : celle-ci fait justement la différence entre
la sphère privée - de laquelle relève la religion - et la sphère publique -
de laquelle, précisément, relève la politique ! Et l'école est un lieu où se
forge la conscience civique des futurs citoyens.
J'appelle donc la Représentation nationale à ne pas faire un ajout tant inutile
que dangereux et à s'en tenir au rappel de l'interdiction des signes religieux
à l'école, le qualificatif le plus clair étant encore celui de « visible ».
Georges Sarre est
maire du XIe arrondissement de Paris et porte-parole du MRC.