Mise en ligne le 18/02/2006

MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN

Contribution "2007 : Annoncer au Monde, le retour de la France"

Jean-Luc Pujo / 29 janvier 2006

Il est des moments particuliers dans l’histoire des Nations, de ces instants prégnants, où la Nation se regarde elle-même. Elle s’interroge sur son devenir. Elle s’interroge sur son passé, glorieux, de peines et de sangs. Elle s’apitoie même. Tout cela, à quoi bon ?

La France connaît un de ces moments là.

Elle glisse vers cet abandon intime et trouve tout naturellement une main secourable chez ceux qui depuis toujours ont travaillé contre elle. Elle voit dans son peuple même, éduqué à son reniement, l’expression d’une lassitude toute complaisante. Être une Nation, c’est un destin aussi souvent pénible que rarement éblouissant.

Le temps est-il venu de laisser l’aventure glisser au fil de l’eau ? Se diluer dans le torrent d’une histoire européenne qui bientôt s’effacera elle-même en lumignon d’argent dans l’histoire d’une mondialisation forcément heureuse ?

Ou faut-il - inspiré des plus grands moments de notre histoire - redécouvrir les parfums enivrants de la puissance quand la France battait avec génie l’enclume de l’histoire des Hommes ?

La faiblesse n’a jamais fait le lit des bonheures humaines. Elle n’a jamais fait celui des Nations.

***

Pour les tenants de la modernité, la mondialisation apparaît comme l’horizon indépassable, le rêve d’une société humaine globalisée au service d’un humanisme toujours plus édulcoré. Ne voient-ils pas que cette mondialisation porte en elle la destruction même de ces valeurs fondatrices ? Comment dès lors ne pas résister à l’avènement d’une société globale qui confond succès de quelques uns et progrès de tous ? Bien-être matériel et épanouissement spirituel de l’Homme ? Dans ce monde là, il est une espérance toute française. Elle bat au cœur de ceux qui ont à l’esprit le souci de l’Homme, de tous les hommes. Pourquoi dès lors taire cette espérance ?

***

La mondialisation entraîne des conséquences humaines désastreuses sans qu’émergent de véritables modèles alternatifs (I). Seule la France dispose d’un projet efficace qui - porté au monde par un peuple ambitieux - peut bâtir une véritable espérance (II). Elle appelle une action politique innovante, habitée du souci constant que nous pouvons - nous seuls avec tant d’autres - changer le Monde (III)

I - La mondialisation entraîne des conséquences humaines désastreuses sans qu’émergent de véritables modèles alternatifs.

La chute de l’URSS en 1991 a entraîné de facto le triomphe d’une pensée. L’avènement d’un capitalisme mondial largement célébré est aujourd’hui sujet de nombreuses critiques. « Autant qu’une idéologie, la mondialisation est la politique de cette idéologie, celle que prescrit et promeut le consensus de Washington, cette vulgate du capitalisme mondialisé qui sert de bréviaire au FMI et à la Banque mondiale comme aux opérateurs des marchés financiers » dénonce Didier MOTCHANE (1) Existe-t-il une autre voix ? Laquelle ?

A - les conséquences désastreuses de la mondialisation :

La mondialisation du Marché a entraîné une double conséquence. Nos entreprises sont parties à la conquête de nouveaux marchés à l’Est, et dans le même temps, elles ont adoptés de nouveaux comportements à l’Ouest et au Sud.

1 - La conquête de nouveaux marchés

Cette conquête s’est accompagnée du déversement d’une pensée nouvelle qui sous le vocable habile de « démocratie » s’est résumé rapidement à celui de « libre entreprise ». Après tout ? Le triomphe du Marché a dégagé des énergies inemployées et ouvert la voix à de nouvelles initiatives. Bravo ! Cette effervescence d’un instant a rapidement dû être tempérée. D’une part, cette libéralisation a vu l’émergence d’une économie parallèle et mafieuse qui caractérise aujourd’hui la plupart des économies des ex-pays socialistes. Les trafics en tout genres gangrènent ces marchés et menacent les nôtres : trafics humains, trafics de drogues, trafics d’armes ... même si nos agences immobilières de la Côte d’Azur s’en réjouissent, nous ne pouvons en négliger tous les dangers. D’autre part, cette libéralisation s’est accompagnée d’un processus déstructurant pour ces sociétés. La disparition des institutions sociales et des nombreuses prestations sociales - au fondement même de ces régimes socialistes - a entraîné de réelles frustrations que rien ne compense. Un nouveau prolétariat émerge marqué par un chômage très important, des retraites sans indemnités...des systèmes de soins à la qualité largement inférieure et souvent inaccessible. Tout naturellement, une pensée nationaliste s’affirme en réussissant l’amalgame détonant du désir d’ordre et de la nostalgie pour un passé moins individualiste.

2 - Le changement de comportements de nos entreprises à l’Ouest et au Sud :

Nos économies n’ont pas été épargnées par le séisme. Les entreprises imposent de nouvelles règles sans retenues aucunes et bouleversent ainsi notre propre organisation sociale et politique.

a - De nouveaux comportements sans retenues ...

Qu’on le veuille ou non, l’existence de l’URSS et des pays socialistes a joué un certain rôle protecteur pour nos modèles sociaux et politiques. Ils ont ainsi tempéré les ardeurs malignes. Pouvaient-ils en effet prendre le risque de voir nos vieilles démocraties basculer dans le giron de Moscou ? En l’absence de contre modèle, tout redevient possible. Il est piquant de constater que -conscient de l’échec soviétique à venir la « Commission Trilatérale » préconisait dès la fin des années « 70 » l’abandon des efforts en matière d’éducation et de modernisation de nos démocraties. En effet, à quoi bon tous ces efforts, une fois le danger passé, c’est-à-dire la disparition de l’URSS ? Ce triomphe du « marché triomphant » s’accompagne d’une guerre sans merci dans les pays du Sud où les sociétés multinationales s’emparent par tous les moyens des nouvelles richesses. Depuis le début des années « 90 », des conflits armés très meurtrier fleurissent en Afrique noire, bousculant jusqu’aux structures sociales et politiques d’Etats à peine stabilisés. L’Amérique du sud n’a pas été épargnée. La faillite de l’économie Argentine nous le rappelle douloureusement.

b - qui bouleversent notre propre organisation sociale et politique :

Dans nos pays même des attitudes hier impensables apparaissent : mépris des règles reconnue par tous, celle du code du travail, de la fiscalité...

« Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend su jouer) n’ont plus de substance : des millions de vie sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme » affirme Viviane FORRESTER (2).

Des vagues entières de délocalisations touchent la plupart des secteurs industriels. Mais pas eux seuls. Une partie des prestations de services est déjà délocalisée au Maghreb ou en Asie. Pourquoi se priver des services d’un ingénieur indien aussi performant qu’un ingénieur français et si peu coûteux ? De nouveaux comportements voient ainsi le jour. Des patrons voyous -après avoir bénéficié de subventions publiques et laissé espérer une activité de plusieurs décennies - disparaissent sans laisser de trace au bout de trois ans ou quatre ans. Quand les cellules de reclassement - qui fleurissent partout en France - ont fait leur œuvre, nos concitoyens se retrouvent démunis et sans perspectives. Cette remise en question des règles qui ont fondé le contrat social français s’est opérée à une vitesse jamais égalée en temps de paix. Tous les repères liés au travail, à l’autorité, aux institutions publiques, à l’Etat volent en éclat. Les français les plus modestes ne comprennent plus ce monde. Désemparés, ils peuvent tout naturellement s’interroger sur le sens de leur vie comme de notre destin collectif : « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »

Nous pouvons alors conclure avec le prix Nobel Joseph E. STIGLITZ : « Aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale. » (3)

B - L’absence de modèles alternatifs :

Comment dés lors ne pas entrer en résistance ? Existe-t-il des modèles alternatifs - des contres modèles - à cette hégémonie du Marché ? Des actions de résistance s’expriment ici ou là, des « modèles » économiques, sociaux et politiques différents sont remarqués. Mais suffisent-ils à construire une alternative ?

1 - Concernant les actions de résistance, l’exemple sud-américain s’impose.

Les triomphes de Lula au Brésil, de Chavez au Vénézuela, de Morales en Bolivie et - même - de Michèle Bachelet au Chili symbolisent cette volonté d’échapper à la domination infernale de l’économie nord américaine malgré les nombreuses tentatives d’intimidations. Ces actions de résistances doivent être saluées, encouragées même si elles restent d’une portée limitée. Ces pays d’Amérique du sud ne sont en effet qu’un caillou grossissant dans la chaussure américaine. De la même façon, si les rapprochements - notamment commerciaux - entre plusieurs puissances du Sud - Brésil, Inde, Nigeria, Afrique du Sud et Chine - re-dessinent le monde, il faut bien constater à ce jour, qu’aucun véritable modèle alternatif n’émerge de cet écheveau de résistance.

2 - L’existence de modèles différents ne constitue pas forcément une alternative.

S’il existe - heureusement - des modèles économiques sociaux et politiques différents dans le monde, ils ne peuvent - pour autant - être érigés en modèles alternatifs. Les modèles Indiens et Chinois ne sont pas exportables. Malgré la renaissance d’un sentiment national certain, les modèles Allemand et Japonais restent encore bien faibles. Le modèle Israélien est atypique. Après le rêve socialiste du Kibboutz, Israël a basculé dans la croyance ethnico - religieuse d’une Nation militarisée. L’Homme ne serait-il qu’un animal religieux ? Cette affirmation trouve chez les Néo-conservateurs américains un écho tout favorable et les chrétiens évangélistes nord américains chantent les louanges de ce nouvel homme.[cf. note jean-luc Pujo -17 décembre 2004 (4)] Ils travaillent même à son exportation. Les églises évangélistes, largement financées par les églises américaines, envahissent l’Amérique du Sud et l’Afrique noire. Elles gangrènent les structures sociales et politiques des pays conquis. Elles viennent même en Europe bousculer sur leur terre nos vieilles religions.

Mais l’animal religieux s’accommode mal de l’animal politique, hérité des Lumières et doué de raison, qui s’élève par l’éducation et s’affirme en Citoyen. Une véritable concurrence entre ces deux conceptions voit le jour. La guerre, notre front de guerre est là, aussi.

Les attaques contre l’Europe des Lumières - d’une violence sans précédent - tentent avec succès de fragiliser notre modèle. On accuse l’Europe d’avoir inventé l’esclavagisme. On révèle « les penchants criminels » de cette Europe démocratique et la perversion du couple « Culture-identité » élaboré par ses soins, comme le proclame Jean-Claude MILNER (5). Tout naturellement, le modèle laïc et républicain français - le plus abouti des modèles découlant de la pensée des Lumières - subit des attaques d’une violence inouïe. On dénonce, ici, le pacte séculaire qui lie les Juifs à la République, depuis Napoléon, depuis le Consistoire. Puisque « l’Universel, c’est le Juif » à quoi bon la France ? « A quoi bon la France et son particularisme au caractère douteux » s’interroge Benny LEVY. (6) A ces attaques se mêlent aujourd’hui les attaques des communautaristes de tout poil : islamistes, noirs, homosexuels...dénonçant à leur tour un modèle républicain pervers. On vante le « différentialisme » sans comprendre que le piège infernal est bien là.

Pourquoi donc le modèle français est-il l’objet de si graves attaques ?

II - Seule la France dispose d’un projet efficace qui - porté au monde par un peuple ambitieux - peut porter une véritable espérance.

Le projet français fait l’objet de critiques nombreuses parce qu’il représente un véritable danger pour le modèle anglo-saxon dominant. Certes perfectible, le modèle français reste le seul modèle alternatif efficace.

A - Un projet performant bien que critiqué Fortement critiqué et raillé, le modèle français enregistre des succès.

1 - Critiqué...

De la faillite du modèle français, nous en entendons fréquemment parler. Les essais et les articles de presse plus ou moins intéressants se succèdent. Dans « La France qui tombe » (7), Nicolas BAVEREZ décline toutes les faiblesses françaises, toutes les hérésies économiques et sociales que conforte notre système social et politique : un pays irréformable, une société bloquée, un Etat immodeste, des syndicats arriérés, le record de la fiscalité et des jours de grèves, un conservatisme de prébendiers ...

D’autres s’alarment de l’obsolescence de nos Institutions. Notre Constitution est inadaptée : « Vite une VIème République ! » Notre régime politique - sans plus de chef de gouvernement- est déséquilibré. Notre Parlement n’est plus représentatif... La situation économique et sociale est désastreuse : un taux de chômage sans équivalent ; une balance commerciale au déficit grandissant ; etc. Notre système de santé est profondément en crise. Les comptes de la Sécurité sociale sont continuellement déficitaires. Même la voix de la France est menacée dans le monde. Son audience internationale a largement faibli ! Quelle erreur et quelle prétention d’avoir osé s’opposer aux Etats-Unis d’Amérique lors de l’intervention en Irak. Qui ne voit que nous sommes tous menacés par le terrorisme ? Qui ne voit que l’Amérique avec courage, lutte seule - la pauvre - contre le terrorisme ? Et que dire de cette France qui ose dire « NON » à cette planche de salut qu’est l’Europe et sa Constitution ? Que dire de la « dégringolade » de la Culture française - d’une fadeur consensuelle - qui a cessé de rayonner sur le monde extérieur ? s’interroge Perry ANDERSON (8) « Notre Nation est devenue la risée de l’Europe et du monde développe » - rien que cela - affirme péremptoire Nicolas BAVEREZ (9)

Le discours est le même - la démarche insidieuse est perverse - elle s’alimente de l’actualité pour affirmer son dogme.

La récente crise des banlieues en fut un stéréotype parfait. Elle met en lumière cet exercice subtil de démolition par substitution. La crise des banlieues révèle la réalité du clash des civilisations. Cette révolte a un caractère « ethnico-religieux » évident. Il est temps que la France prenne conscience et de son échec et de la haine de la plupart de ces jeunes « noirs et arabes » qui « ont une identité musulmanes » affirme Alain Finkielkraut (10). Et de conclure qu’après une telle faillite et la découverte d’un monde où tout se décode grâce à une lecture ethnico-religieuse, il faut tirer les leçons de notre entêtement : « le modèle français a vécu » Pauvre France ! Puisque la France n’a plus les moyens de résister, peut-elle encore exister ? « Regardons-nous » nous dit Régis DEBRAY (11).

« Tout homme civilisé a pour premier pays, sa patrie, pour second, la France » disait Jefferson. « Aujourd’hui, la donne s’est inversée ». « Nos bourses sont réglées sur Wall street, l’Euro sur le Dollar, nos banquiers sur Alan Greespan, nos revues scientifiques sur Nature ou Sciences, nos reality-shows et autres prime-time sur les sitcom américaines, nos meilleurs magasines sur les News américaines, et nos critiques sur la New-York revues of books. » « Nos candidats à la présidentielles le savent bien ; ils ne seront pas crédibles aux yeux de leurs télecteurs tant qu’ils ne se seront pas fait filmer aux côtés du Commander in chief américain, dans son bureau ou, mieux, au coin du feu, en vieux amis. » « Le bonheur était français au XVIIIe, il est américain depuis le XXe »

Tirons-en les conclusions, nous dit -certes avec malices- Régis Debray. « Si la France ne veut plus se donner les moyens d’être une Puissance, alors, rejoignons l’Empire ! Rangeons-nous sous la bannières étoilées, donnons-nous enfin les moyens de participer à la désignation de l’Empereur de Washington : Plaidoyer pour des Etats-Unis d’Occident, pour un nouvel Edit de Caracalla » lance-t-il. Car « s’américaniser au XXIe siécle, c’est comme se romaniser au Ier ». Mais surtout pas « d’entre deux », de « demi-mesures » illusoires et néfastes pour tous ! Ne faisons pas semblant d’être une grande puissance - « arrêtons de nous la jouer »

La France est ainsi sévèrement critiquée tant sur la scène internationale que par nos concitoyens. Ce sport national est toujours pratiqué avec délice.

Pourtant, la France a-t-elle suffisamment conscience de l’immense potentiel qui est le sien ?

2 - ... mais performant :

Bien sûr, il existe une puissance française. Elle se mesure en soi, mais prend souvent une réalité plus évidente par les critiques et les agacements qu’elle provoque chez nos partenaires.

Cette puissance française s’exprime par un potentiel et des résultats tout aussi surprenants. Nous pouvons en rappeler quelques uns des aspects. Sur le terrain politique et diplomatique tout d’abord, la France dispose d’un siège permanent au Conseil de Sécurité et d’un droit de veto qui la place au centre de la diplomatie mondiale. Membre fondateur de l’Union européenne, elle occupe une place essentielle dans les institutions européennes et grâce au moteur franco-allemand reste la Nation pivot de l’Europe. Par des alliances et une histoire diplomatique riche, la France est une grande puissance diplomatique. Faut-il dès lors s’étonner qu’elle possède le 2ème réseau diplomatique et culturel au monde (ensemble des postes diplomatiques - Alliance française ...).

Sur le terrain militaire ensuite, la France dispose de la Dissuasion nucléaire - « la bombinette du général » - qui a garanti notre indépendance comme la puissance de notre diplomatie. Nos services de renseignements sont réputés. Notre industrie militaire reste une des plus innovantes au monde, ce qui assoie - quoiqu’en disent les moralisateurs - notre indépendance.

Notre économie reste une des plus puissantes au monde. La France est le 4ème exportateur mondial dont le 2ème exportateur dans le secteur stratégique de l’agroalimentaire - notamment dans le secteur des aliments-médicaments, à l’avenir plein de promesse.

Nous ne pouvons ignorer la Culture - « notre front de guerre quotidien » rappelle Régis Debray - secteur dans lequel la France dispose de grands atouts et pas seulement la Haute couture, les Parfums ... Dans le domaine de l’« Entertainment » - culture et divertissement - la France possède une industrie qui la place parmi les tous premiers exportateur et producteur d’images.

En matière Energétique, la France possède une filière électro-nucléaire très performante avec tous les enjeux stratégiques qui lui sont liés.

On ne peut oublier - bien sûr - notre succès dans le domaine du tourisme ( 1ère destination au monde), mais aussi le dynamisme de notre démographie (2ème taux de natalité en Europe).

Pourquoi ne pas rappeler que la France dispose de la 2ème façade maritime au monde grâce à nos précieux DOM-TOM.

Enfin, comment ne pas reconnaître que notre contrat social, fruit de plusieurs décennies de luttes sociales - et sanctuarisé par le Conseil national de la Résistance - a permis de bâtir une des sociétés les plus solidaires ?

Ce potentiel a de quoi faire des envieux. Pourquoi le nier ?

B- Porté au monde par un peuple ambitieux

Les français ont désappris la France. Peuples imaginatifs, peuples rebelles et désordonnés, ils succombent aussi facilement à toutes les modes qu'ils sont souvent crédules, parfois même naïfs. Mais les Français sont aussi un peuple de bon sens, travailleurs comme tous les peuples de cultivateurs. Par quel miracle ces qualités ont-elles été transmises aux nouveaux arrivants venus du monde entier ? Aujourd'hui, le Miracle français est en panne. Nous avons d'ailleurs cessé de croire en lui.

« Je ne crois pas qu'à notre époque, hélas, la France puisse faire autre chose que passer à travers les gouttes... » s'inquiétait F. MITTERRAND. (12) Cette époque n'est-elle pas révolue ? Nous devons travailler aujourd'hui à éveiller cette conscience française et préparer la France à s'adresser ainsi au Monde.

1 - Eveiller une conscience française :

La conscience de soi passe inévitablement par le ressentit d'une fierté retrouvée au service d'un projet républicain révolutionnaire.

a- La France n'est plus fière d'elle - elle se supporte - parfois - à peine.

Nous devons donc travailler à retrouver une fierté française et républicaine. Cette immense tâche passe par une seule priorité : l'éducation. Il ne s'agit pas simplement de placer l'éducation au centre du projet républicain. Il s'agit aujourd'hui de proclamer un Nouvel ordre éducatif et faire de cette fonction politique majeure l'axe de toute notre construction sociale. Ce nouvel ordre éducatif aura pour fonction première et essentielle de réapprendre la Langue - « premier fruit intellectuel d'un peuple » pour Paul VALERY - car « la ruine de la langue est un des symptômes de la décomposition (...) quand la capacité des mots à nommer est atteinte, le rapport entre les mots et les choses est délié » constate le philosophe Alain BADIOU (13)

L'éducation doit permettre ainsi de former le nouveau citoyen républicain, de lui apprendre les enjeux du monde contemporain, de lui donner les moyens de construire une pensée, de la contester et ainsi de forger l'âme d'un peuple de résistants. La capacité de résistance est au coeur même de la pensée française républicaine. Car « plus que les crimes qu'il peut commettre, ce qui dégrade un peuple et le mène au abîmes, c'est l'envie de ne rien commettre du tout, l'abrutissement, la pusillanimité, le relâchage pire que la servitude, le consentement à n'importe quoi, l'acquiescement à tout ce qui arrive fut ce de l'ordure parce qu'on y peut rien et que le devoir est de céder à la nécessité. » pour reprendre les propos fulgurant du résistant Jean CASSOU (14)

Dans ce vaste chantier, nous devons nous adjoindre toutes les énergies. Celle de tous les acteurs. Les partis politiques, les syndicats, les associations doivent tous repenser leur rôle et développer une déclinaison propre de cette mission essentielle : réapprendre la France. Le rôle des entreprises est également essentiel. Certaines d'entres elles l'ont déjà bien compris. Nous devons proclamer l'urgence d'un nouveau patriotisme économique. Malgré les rodomontades de Bruxelles, nous devons affirmer, retrouver, et développer ce patriotisme économique (15). Les Médias enfin tiennent une place essentielle dans cette démarche. Nous devons réaffirmer la prééminence de la Culture - bien sûr française - mais pas seulement. Il existe des cultures essentielles dans le monde. La culture anglo-saxonne est sur-représentée sans raison intellectuelle valable. Nous devons affirmer le rôle de la pensée contre la loi des jeux et des divertissements nauséabonds. Il nous faut pour cela retrouver le volontarisme nécessaire au fondement de toute action politique majeure.

b - Notre pensée Républicaine doit être une pensée rénovée :

Il s'agira de puiser à la source même de la pensée républicaine le ferment d'une pensée nouvelle. Réaffirmons la nécessité d'une orthodoxie républicaine la plus rigoureuse qu'il soit. Constatons que la France a faim d'égalité. La France a soif de justice. Mettons véritablement en œuvre le principe d'Egalité. Réaffirmons comme priorité absolue une République sans discrimination. Faisons tomber les masques ! Soyons sévère dans la lutte contre les discriminations comme dans le mépris du « civisme ». Osons rejeter ceux qui - sous couvert d'un masque républicain - tiennent des discours crypto racistes ou crypto antisémites. Finkielkraut et Dieudonné sont les faces perverties d'une même pièce. Célébrons les témoins éveillés de la pensée des Lumières. Refusons « l'enfermement dans les structures identitaires » !

« Sartre, philosophe de la liberté, ne dénonçait-il pas la réduction d'un homme à ses déterminations ? Ne prétendait-il pas juger un homme sur la façon dont il les dépassait ? » s'interroge avec justesse Jean Daniel (16). Faisons égalité !

Annonçons une profonde rénovation de l'ensemble de nos prélèvements. Reconsidérons l'Impôt. Donnons de véritables moyens - humains et financiers- à notre Justice.

Reconsidérons la Justice, reconsidérons le magistrat - afin de lier efficacité, indépendance et responsabilité - reconsidérons le justiciable.
Rendons confiance à cette institution essentielle à la République qui ne doit plus « rendre la justice les mains tremblantes » selon les termes bouleversants de Guy CANIVET (17)

Aujourd'hui, la France a besoin d'une grande révolution républicaine.

« Relever le citoyen c'est d'abord croire en l'égalité des droits et des chances, c'est rappeler l'égalité devant la Loi »
peut ainsi affirmer Jean-Yves AUTEXIER (18)

Offrons cette révolution à la France ! Par l'éveil d'une conscience française républicaine - une des plus brillantes au monde - la France pourra alors porter au Monde ce qu'elle a de meilleur : une grande espérance humaine.

2 - Porter au monde une grande espérance humaine :

Notre rôle ambitieux repose tout à la fois sur la nécessité de tenir un discours de vérité au Monde pour opérer son changement.

a - Un nouveau discours au Monde ...

Notre Monde est aujourd'hui confronté à de sérieux problèmes dont la reconnaissance éveille une conscience au monde.

1 - Des enjeux multiples :

Ils relèvent de champs différents mais complémentaires : environnement, pauvreté, santé, démographie et mouvements de population. La répartition des richesses s'est détériorée pour devenir scandaleuse : en 1960, les 20% les plus riches de la population mondiale disposaient d'un revenu trente fois plus élevé que celui des 20 % les plus pauvres ! Ce rapport est quatre-vingt-deux fois plus élevé aujourd'hui !?De la même façon, notre patrimoine naturel a été dilapidé sans mesure !?Aujourd'hui, la moitié de la population mondiale est confrontée à des pénuries d'eau potable alors que la population mondiale ne cesse de s'accroître et devrait atteindre près de dix milliards en 2025. ?En 2010, la couverture forestière du globe aura diminué de 40% par rapport à 1990. La gestion inadaptée des déchets, l'incapacité à juguler la production de gaz à effet de serre... nous mettent directement en cause sans susciter de véritables réactions à la hauteur des enjeux.

Sur le terrain démographique, « Nous sommes au début d'une onde historique dont nul ne peut prévoir les transformations qu'elle engendrera. Depuis 1980 plus de 50% de l'augmentation des jeunes sur la planète a lieu en Afrique. (...) L'Europe peut-elle continuer à se construire en espace de prospérité à l'ombre d'un sud plongé dans l'anarchie et la Misère ? » s'interroge Sami NAÏR. (19)

« En ce début de XXIème siècles, près de 200 millions de personnes vivent en migrations. Ce phénomène s'est accéléré. (...) La croissance des migrations est plus rapide que celle de la population mondiale » constate Catherine Withol de Wenden (20)

Comment relever ces défis ?

2 - éveillent une conscience au Monde :

Cette conscience aiguë des problèmes planétaires éveille une conscience au Monde. Notre citoyenneté est bien sûr une citoyenneté au monde. Notre analyse politique et citoyenne s'appuie sur cette réalité politique majeure qui ne peut être niée : la Nation. C'est elle qui se révèle comme espace le plus adapté pour l'homme, animal politique. C'est la Nation qui assure cette construction politique et permet l'expression même de cette construction. C'est ce point essentiel qui fonde notre particularité face aux mouvements « alter mondialiste » dont nous pouvons partager par ailleurs l'essentiel des préoccupations. Nous ne sommes pas Citoyens du monde mais Citoyen au monde. Et si ces problèmes vont devenir l'essentiel des préoccupations des dirigeants de demain, nous devons - en citoyen - prendre part à ce monde sans rien renier de notre espace politique majeur. Du reste, l'espace mondial n'offre aucune dimension politique véritable. Les forums sociaux mondiaux ne sont que des forums d'information, utiles certes mais à l'efficacité politique très limitée.

b - ... pour changer le Monde.

La réforme de l'ordre mondial impose bien sûr la conquête des institutions internationales.

1 - des institutions internationales à conquérir...

Les institutions internationales sont en situation d'échec. ONU, FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, CNUCED...sont confrontés à des difficultés financières et politiques très importantes. Cet échec a plusieurs raisons. Il a été entretenu par ceux-là même qui trouvaient mal venu la construction de réel contre-pouvoir à leur domination. Cet échec est aussi l'aveu d'une immaturité internationale. Pour autant, les Institutions Internationales restent un outil incontournable dans la mise en œuvre d'une pensée efficace pour résoudre les problèmes du Monde.

« L'intérêt- de l'Europe - est bien de multilatéraliser la seule grande puissance qui inquiète : les Etats-Unis » souligne Rober Kagan (21)

La construction européenne obéit à une logique semblable. Quelle Europe voulons-nous ?

Turquie, Liban, Israël, Tunisie, Algérie et Maroc, aucun des ces Etats n'est européen. Tous ont vocation à devenir des partenaires privilégiés. Militons ensemble pour un grand espace Euro - méditerranéen. Le Conseil de l'Europe comme l'Union européenne doivent servir notre ambition à construire un autre monde. Il nous faut dés lors combattre la mise en œuvre d'un libre marché d'échange, qui serait uniformisé et « uni dimensionnel ». Refusons cette uniformisation contraire au fondement même de l'esprit européen.

Affirmons notre nécessaire diversité.

« Le génie de l'Europe, c'est ce que William Blake aurait appelé « le caractère sacré du détail infirme ». C'est celui de la diversité linguistique, culturelle et sociale. (...) En contraste avec cet effroyable monotonie qui sévit de l'Ouest du New Jersey aux montagnes de Californie (...) la carte éclatée, aux divisions souvent absurdes, de l'esprit européen et de son héritage, a été d'une inépuisable fertilité. » rappelle Georges Steiner (22)

Faisons du vote du 29 mai, un acte premier et symbolique de refondation nationale comme de reconstruction européenne [cf notes de jean-Luc Pujo - du 19 octobre 2003 et du 20 juin 2004 (23)].

2 - pour réformer l'ordre mondial :

Cette réforme de l'ordre mondial impose également la mise en oeuvre de nouvelles stratégies. Il nous faut développer de nouveaux axes de coopération, en renforcer certains. Nous devons donc travailler au renforcement essentiel de nos relations avec Berlin. Et trouver à Moscou le prolongement d'un axe de résistance efficace comme incontournable. Nos relations avec le monde Arabe doivent être maintenues et approfondies. Notre voix dans le monde doit permettre d'assurer une reconnaissance juste et équilibrée de la civilisation arabo-musulmane aujourd'hui caricaturée. Ces rapports privilégiés avec le monde arabe n'empêche aucunement des relations abouties et franches avec Israël. Nation avec laquelle la France a toujours entretenu des liens étroits bien que parfois distendus. Les relations passionnelles ne sont-elles pas le lot des Nations de caractères ? Enfin, nous devons refonder notre relation à l'Afrique noire. Notre histoire - riche de nos échanges mutuels - est souvent troublée par de sérieux malentendus. Comment ne pas admettre que le Colonialisme est une idéologie nauséabonde qui a perverti jusqu'à notre Idéal républicain ? Comment ne pas admettre que la Colonisation a porté une espérance au monde - celle des Lumières - ? Que de cet échange - économique, social et politique - s'est construit un écheveau étonnant de souffrances et de grandeurs partagées ?

Doit-on commettre cette faute, choisir entre les uns, les autres ? Sédar Senghor ou Frantz Fanon ?

Le vrai Républicain admirera les deux !

« C'est en touchant les Africains de langue française que nous toucherons mieux les français et, par delà mers et frontières, les autres hommes » confessait le poète Senghor (24)

Parce que nous portons ce message révolutionnaire, celui de l'Idéal républicain, nous pouvons proclamer l'ardente nécessité de réformer le Monde au service d'une certaine Idée de l'Homme. ?Et si certains nous disent « Le marché » ! Que tout est monnayable ! Qu'il faut laisser régner la sainte loi de l'offre et de la demande ! Nous savons bien nous, qu'il n'y a pas de vérité au-delà de l'Homme. Héritée de la pensée des Lumières, la pensée Républicaine porte en elle cette Idée supérieure, l'affirmation que l'Homme peut prendre en main son destin ! [cf. note Jean-Luc Pujo - 1er octobre 2002 (25)] Les grands problèmes de notre temps - Environnement, pauvreté, migration, énergie - peuvent trouver grâce à l'Idéal républicain - des réponses adaptées. Le développement durable doit devenir un des éléments essentiels, au coeur de nos échanges, pour réaffirmer le nécessaire respect d'un environnement à partager. Le domaine des migrations est un des aspects les plus pressants et les plus évidents de nos contradictions insupportables : l'immigration n'est pas responsable de tous nos maux. L'immigration est une chance pour la France comme pour l'Europe, pourvu qu'elle soit organisée. Parce que l'Idéal Républicain porte en lui une certaine Idée de l'Homme et une certaine Idée du Progrès, cette pensée apparaît à juste titre révolutionnaire. Nouvel « humanisme laïque », l'Idéal Républicain permet de répondre à l'ensemble de ces défis avec une approche nouvelle !

III - Elle appelle une action politique quotidienne aux formes innovantes, habitée du souci constant que nous pouvons - nous seuls avec tant d'autres - changer le Monde :

Militants du MRC, que faire ? Quel doit être notre action pour porter le plus efficacement possible ce modèle français ?

A - Quelles actions politiques ?

Le MRC doit faire face aujourd'hui à d'évidentes difficultés tenant essentiellement aux règles électorales et aux règles de financement de la vie politique. Sa représentativité est en jeu.

1 L'obstacle majeur ne vient-il pas de la définition même de ce que nous sommes ?

La pensée républicaine de Jean-Pierre Chevènement - partie de la gauche dont elle ne renie rien - est une pensée qui transcende tous les clivages politiques et traverse tous les électorats. Faut-il s'en étonner ? « La Révolution française n'est-elle pas née à gauche ou plus exactement la gauche n'est-elle pas née de la Révolution française ? » remarque Didier MOTCHANE (26) Comment dés lors le MRC peut-il porter une pensée aussi complexe qui le dépasse complètement ? La tâche est bien trop lourde pour un parti aussi important soit-t-il. Toute la difficulté du MRC à exister repose dans ce paradoxe. Mais cette pensée a tout autant besoin de ce parti. Que serait cette pensée politique sans un parti politique qui l'inscrive régulièrement dans la cartographie électorale ? Le MRC joue un rôle essentiel dont il doit être fier. Notre parti est le point d'ancrage - le seul à ce jour - d'une pensée complexe. Sommes-nous suffisamment conscient de ce rôle ? Avons-nous suffisamment conscience de porter le Saint Graal républicain, d'en être les gardiens, les promoteurs assidus ? Le MRC doit retrouver cette fierté qui fait les grands partis. Le MRC doit être fier du rôle essentiel qui lui est assigné.

2 - Comment dès lors exister ?

Être un parti de gauche, c'est inévitablement exister à gauche, auprès des autres partis. C'est-à-dire participer aux négociations électorales comme au programme de gouvernement. Et l'on devine alors toute la difficulté à exister à Gauche au service d'une pensée qui la transcende. Nos exigences - il faut le reconnaître - sont dés lors tout naturellement supérieure à celle de nos partenaires. Pourtant nous devons garder à l'esprit que chaque fois qu'un membre du MRC est élu localement - y compris sur une liste de gauche - c'est tout le projet républicain qui avance ! Ce paradoxe apparent doit raffermir nos convictions comme le souci qui est le nôtre de bien faire, sans trahir nos Idées. C'est la condition - la seule - qui permettra jour après jour de faire avancer notre ardent projet. Pas d'exclusive. Pas de complexe.

« Tournons le MRC vers l'extérieur. Ouvrons-nous aux autres ! Payons d'exemple ! Portons-nous à la tête des luttes qui vont dans le sens du projet Républicain. » propose à juste titre Jean-Pierre CHEVENEMENT (27)

Comment dès lors ne pas croire en une inévitable candidature Républicaine aux prochaines élections Présidentielles ? Jean-Pierre Chevènement doit être ce candidat.

B - Pour un grand mouvement populaire :

1 - Des initiatives tout azimut :

Un parti politique à la taille modeste - aux militants et cadres aussi talentueux soient-ils - n'existe que par les Médias. Les outils de communication et le poids médiatique de ses leaders sont la seule garantie d'existence. Les moyens de communication aujourd'hui disponibles sont des plus divers. De plus en plus, Internet va jouer un rôle essentiel. Les moyens Internet reflétant l'activité du MRC doivent être repensés de fond en comble (sites web, blogs...) De la même façon, la publication des communiqués de presse doit être plus sérieuse et plus régulière. L'échec du MRC est patent de ce point de vue. Il devient aujourd'hui nécessaire et urgent d'exploiter les moyens les plus modernes de communication qui décupleront notre impact. Notre parti dispose d'énergie et de talent inexploités. Saisissons cette chance.

2- La naissance d'un véritable grand mouvement populaire ;

Le MRC n'a vocation ni à témoigner ni à influencer. Le MRC est un parti qui a vocation à gouverner ! Pour cela, il doit s'en donner les moyens. Il nous faut réapprendre à parler au Français.

« Le peuple français attend qu'on lui propose des perspectives de mobilisation fortes et convaincantes. Il n'attend pas des promesses inconsidérées. Il exige qu'on lui parle le langage de la Vérité » précise Jean-Pierre CHEVENEMENT (28)

« La réaction a historiquement dans ce pays toujours commis la même erreur : ne pas croire en l'intelligence du peuple » constatait Jean-Luc LAURENT (29)

Nous devons en effet croire toujours en la qualité de nos concitoyens, leur faire confiance. Le vote du 29 mai n'a-t-il pas été une preuve supplémentaire du génie de ce peuple qu'on disait moribond ? Nous devons réapprendre la Résistance.

« Parce que c'est la résistance - à l'injustice, à l'oppression, aux inégalités- qui fonde les bases républicaines de notre parti » précise Georges SARRE (30)

Penser l'avenir, le préparer, c'est bien sûr mettre en place une « école des cadres ». L'université permanente du MRC a cette vocation première. Mais un parti politique qui ne recrute pas est un Parti qui meurt. Le MRC doit lancer une vaste campagne d'adhésion. Il doit s'attacher à cette mission précieuse gage de son dynamisme. Nous devons pour cela revoir entièrement la politique de recrutement. Une cellule chargée des campagnes de recrutements doit voir le jour de toute urgence. Beaucoup de moyens de communication s'offrent à nous. Saisissons-les ! Nous savons, pour l'avoir plusieurs fois expérimenté, que notre message trouve un écho important auprès de nos concitoyens. Ceux-ci ont du mal cependant à suivre nos activités et à comprendre notre silence. Comment ne pas leur donner raison ? Nous devons prendre conscience de notre rôle essentiel au service d'une pensée fulgurante : « la République est une grande espérance ».

***
Les élections présidentielles de 2007 seront une des élections les plus marquantes de la Vème République, parce que la question de la France se pose aujourd'hui avec une acuité jusque là inégalée.

En avons-nous fini avec la France ?

Au moment où d'autres concèdent que la modernité appelle la disparition de la France, nous constatons au contraire que le Monde a plus que jamais besoin de plus de France. Qui - mieux que les républicains - pourrait porter cette grande nouvelle et « annoncer au Monde le retour de la France » ?


NOTES :
(1) « Pour que la République devienne une idée neuve » DIDIER MOTCHANE - contribution au débats - samedi 26 octobre 2002 ;
(2) « L’horreur économique » Viviane FORRESTER - FAYARD - novembre 1996 ;
(3) « La grande désillusion » Joseph E. STIGLITZ - FAYARD - août 2002 ;
(4) « Le triomphe de la révolution Néo-conservatrice américaine » note Jean-Luc Pujo - 17 décembre 2004 ;
(5) « Les penchants criminels de l’Europe démocratique » Jean-Claude MILNER - VERDIER - novembre 2003 ;
(6) « Le Juif, l’universel et la laïcité » - débat Benny Lévy et Alain Finkielkraut - 2 juillet 2003 - Cahiers d’Etudes Lévinassiennes - N° 3 - 2004 Institut d’Etudes Lévinasiennes - Jérusalem ;
(7) « La France qui tombe » - Nicolas BAVEREZ - PERRIN - août 2003 ;
(8) « La pensée tiède - un regard critique sur la culture française » Perry Anderson - Seuil - avril 2005 ;
(9) « La France, « homme malade » de l’Europe » - Nicolas BAVEREZ - LE MONDE - 30 décembre 2005 ;
(10) « Quel genre de français est-ce là ? » Alain Finkielkraut - HAARETZ - 18 novembre 2005 ;
(11) « L’édit de Caracalla ou plaidoyer pour des Etats-Unis d’Occident » par Xavier de C*** - préface de Régis DEBRAY - Fayard - février 2002 ;
(12) « Défis Républicains » Jean-Pierre Chevènement - FAYARD - août 2004 ;
(13) « Le siècle » Alain Badiou - SEUIL - Janvier 2005 ;
(14) « La mémoire courte » Jean CASSOU - Mille et une Nuit - janvier 2001 ;
(15) « La France revoit à la baisse son patriotisme économique » - LE MONDE - 4 janvier 2006 ;
(16) « La prison juive » Jean DANIEL - Odile JACOB - octobre 2003 ;
(17) « Nous rendons justice les mains tremblantes » discours de Guy CANIVET - LE MONDE - 7 janvier 2006 ;
(18) « Vers un projet républicain exigeant » Jean-Yves AUTEXIER - Août 2005 ;
(19) « L’Empire face à la diversité » Sami NAÏR - HACHETTE littérature - septembre 2003 ;
(20) « Atlas des migrations dans le monde - réfugiés ou migrants volontaires » Catherine Wihtol de Wenden - Autrement - mai 2005 ;
(21) « La puissance et la faiblesse » Robert KAGAN - PLON - février 2003 ; (22) « Une certaine idée de l’Europe » George STEINER - Actes SUD - avril 2005 ;
(23) « Hallali de la France - de la Constitution européenne » Jean-Luc Pujo - 20 juin 2004 et « La Constitution européenne : pourquoi NON ! » Jean-Luc Pujo - 19 octobre 2003 ;
(24) « Œuvre poétique » Léopold Sédar Senghor - points essais - avril 1990 ;
(25) « Pour un nouvel humanisme républicain » Jean-Luc Pujo - 1er octobre 2002 ;
(26) « Contribution au débat » - Didier Motchane - 27 juillet 2002 ;
(27) « Discours de JP CHEVENEMENT » à Saint-Pol-sur-Mer - 26 janvier 2003 ;
(28) « Intervention de Jean-Pierre CHEVENEMENT » -Université d’été du MRC de Perpignan - 28 août 2005 ;
(29) « Intervention de Jean-Luc LAURENT » Université d’été du MRC - Mery-sur Oise - septembre 2004 ;
(30) « Intervention de G. SARRE au conseil national du MRC » - 22 juin 2003 ;

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