Mise en ligne le 18/02/2006
MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN
![]()
Contribution "Rassembler la Gauche sur des
valeurs républicaines"
Comité du Pas-de-Calais
Le pays et notamment
les couches populaires attendent de l’ensemble des forces de gauche qu’elles préparent une alternative
crédible à la politique libérale et de régression sociale qui a cours. Le débat doit donc s’instaurer,
« sans tabou et sans exclusive » comme l’a précisé Jean-Pierre Chevènement, entre tous ceux qui veulent
construire un projet dynamique et susceptible de rassembler derrière lui une majorité de Français.
Aborder le débat sans complexe.
Ce débat si nécessaire pour la refondation de la gauche, nous devons dire et redire à tous ceux qui
l’attendent sincèrement et même à ceux-là qui ne font que mine de le réclamer, que nous y sommes prêts,
assurés de pouvoir l’aborder sans complexes. L’histoire de ces dernières années nous a donné raison
sur de nombreux points, et a montré combien, au vu de la situation politique de la période, était légitime
et justifiée la candidature de Jean-Pierre Chevènement lors des élections présidentielles de 2002.
Le Monde
La vision que nous avions de l’état du monde n’a pas été démentie. La position de notre pays dans l’affaire
irakienne, très largement approuvée par nos concitoyens et bien comprise dans de nombreux pays du monde,
a rendu justice à la lucidité et au courage politiques de Jean-Pierre Chevènement lors de la première
guerre du Golfe. La mondialisation libérale de l’économie, sous l’égide des Etats-Unis, et par le biais
de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale, s’est poursuivie avec l’appauvrissement des plus pauvres
et, dans les pays les plus avancés, la disparition de quantités d’emplois et la régression des droits
sociaux. Il n’est pas de semaine où, dans notre pays, une délocalisation ne vienne brutalement jeter
des salariés à la rue. Des pans stratégiques de notre économie, ainsi la sidérurgie pour laquelle tant
d’argent public a été dépensé, sont désormais abandonnés aux prédateurs.
L’Europe
Notre refus du carcan libéral que voulait imposer le projet de constitution européenne a trouvé sa traduction
populaire dans le NON du 29 mai 2005. Contre tous les médias, les hérauts de la « pensée unique », les
représentants du pouvoir politique en place, les relais de la finance internationale, face aussi aux
ténors de la « gauche libérale », nous avons tenu bon et mené, avec d’autres, un combat que certains
disaient perdu d’avance.
La société française
En Corse et dans les D.O.M., les événements ont montré que les aspirations profondes des populations
étaient en réalité en phase avec nos exigences républicaines. La crise des banlieues a, hélas, confirmé
ce que nous disions d’une société « sans repères » sans projets ni perspectives à laquelle a conduit
l’abandon progressif des valeurs républicaines, où l’Ecole notamment n’est plus en mesure de mener à
bien ses missions.. Qui se souvient des sarcasmes d’une gauche bien-pensante lorsque Jean-Pierre Chevènement
affirmait que la sécurité - la « sûreté » - était un droit fondamental du citoyen, et agissait pour
la mise en place d’une « police de proximité ».
Sur beaucoup de thèmes, nous avons été précurseurs. Il convient de le rappeler.
Qui, à une certaine époque, parlait de « citoyenneté », de « patriotisme », de « laïcité », de « refus
du communautarisme », du « modèle républicain » ? Ces termes sont aujourd’hui repris par nos partenaires,
voire même nos adversaires. Même si l’usage qu’ils en font est affadi ou détourné, il constitue, pour
le MRC, une première victoire idéologique : à nous, sans arrogance mais avec conviction, de savoir l’exploiter
en montrant que, derrière ces mots, il y a des valeurs exigeantes et que ces dernières fondent depuis
longtemps nos analyses et notre démarche.
Le sursaut populaire du 29 mai, issu très majoritairement des électeurs de
gauche, n’a toujours pas trouvé de débouché politique. Il est de notre devoir de mettre toutes nos forces
à y contribuer...
Un mouvement fort et organisé
La droite au pouvoir a repris l’offensive. S’abritant à chaque fois qu’elle le peut derrière les demandes
de Bruxelles, elle démantèle nos protections sociales en les adaptant à la mondialisation libérale.
C.N.E., C.P.E., retour de la circulaire Bolkestein, offensive contre nos services publics, amoindrissement
des efforts de recherche, absence de politique industrielle... On pourrait multiplier les exemples...
Une véritable réplique politique se fait attendre. Nous devons y contribuer et faire avancer le débat
sur des bases claires : les valeurs fondamentales de la gauche sont républicaines et l’histoire a
montré qu’il n’ y avait de valeurs républicaines durablement accomplies qu’à gauche.
Souveraineté populaire, place de la France dans l’Europe et dans le monde, initiative économique et
justice sociale, rôle de l’Etat, l’école comme institution de la république, partage du savoir et de
la culture, telles sont, entre autres, nos valeurs. D’autres peuvent les partager. Il nous appartient
sur ces sujets cruciaux de créer les conditions d’un rassemblement le plus large possible...
Pour atteindre ce but, il faut porter le débat devant les Français, et non le restreindre aux seules
réunions d’appareil :
Demander des Etats Généraux de la Gauche, décentralisés au niveau départemental ou régional Proposer
concrètement, à partir de nos analyses, des éléments d’un futur programme de gouvernement C’est sur
ces bases et après ces débats que pourraient s’organiser des primaires à gauche dans la perspective
des élections présidentielles
Cette stratégie trouvera des obstacles dans les logiques d’appareil et les ambitions personnelles. Certains
tenteront d’assouvir de vieilles rancunes. D’autres craindront de nous remettre au centre du débat.
D’autres encore s’y refuseront car ils sont définitivement ralliés à la logique « sociale-libérale »
qui n’est que le masque trompeur du renoncement et de l’abandon.
Parce que nous souhaitons avec ardeur la rassemblement de toute la gauche autour d’un projet républicain
et derrière un candidat capable de l’incarner, nous devons nous en donner les moyens politiques, c’est
à dire nous préparer à avoir notre propre candidat s’il n’y a pas, sans reniement, d’autre alternative.
C’est pourquoi le congrès du MRC :
demande à Jean-Pierre Chevènement de se tenir prêt
à relever ce défi républicain
mandate la direction du MRC issue du congrès pour mettre
notre mouvement en ordre de bataille, tant au point de vue des finances, des fédérations, de l’organisation
et de la communication
demande que soit constituée une pré-équipe de campagne
ayant pour mission de préparer notre mouvement à toute éventualité (recueil des signatures etc)
Face aux Français, les militants du MRC doivent apparaître comme les meilleurs artisans d’un rassemblement
à gauche sur un projet authentiquement républicain et porteur d’avenir. Notre mouvement s’adresse donc,
dès aujourd’hui, à tous ceux qui veulent une France forte et de progrès social pour qu’ils contribuent,
avec nous, à la rédaction et à la mise en œuvre d’un programme mobilisateur à gauche, seul capable d’entraîner
l’adhésion et l’enthousiasme de ceux qui souhaitent un véritable changement politique dans notre pays.
|
|
|