MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN

Allocution de GEORGES SARRE, premier secrétaire du MRC

Congrès du MRC
Dimanche 28 novembre 2004

Chers camarades,

Je vous remercie de votre confiance. J’en suis ému, j’en suis fier, je mesure la tâche qui m’incombe. Vous pouvez être certains de ma détermination. Si je n’avais qu’ un objectif, ce serait celui-ci : d’aucuns estiment que nous sommes un « petit parti » ; et bien dans deux ans, lorsque nous réunirons notre prochain congrès, nous aurons non plus un petit parti, mais un parti.

Pour commencer, il faut faire vivre nos fédérations, nos comités locaux, et, là où il n’y en a pas, il faut en créer. Vous ne serez pas déçus, mais il va falloir bouger et ce sera vrai à tous les niveaux.

Ensuite, il faut, et nous le pouvons, gagner le référendum. Car l’Europe libérale est un véritable rouleau compresseur, auquel nous avons le pouvoir, pour une fois, de mettre un coup d’arrêt. Je ne reviendrai pas sur nos débats d’hier et n’anticiperai pas sur l’intervention de Jean-Pierre au sujet de ce traité. Mais j’illustrerai seulement d’un exemple, ce que produit cette Europe libérale soumise à référendum. La directive Bolkestein, « directive relative au marché intérieur » établie par le Commissaire européen sortant Frits Bolkestein, est une machine à niveler par le bas les acquis sociaux et la vie sociale. Dans le but, je cite, de « libérer l’Europe des entraves qui empêchent l’achèvement du marché intérieur », elle vise à réduire en miettes le pouvoir des Etats en matière de marchés de service. C’est un AGCS à l’échelle européenne ! Plus de réglementations nationales spécifiques ! Plus d’intervention publique dans le secteur des services ! Même la Confédération européenne des syndicats, qui, chacun le sait, n’est pas la prolongation du combat de Rosa Luxembourg, c’est le moins qu’on puisse dire, a pris position « contre ». Du côté du P.S.E., silence radio ! Et bien nous, M.R.C., nous allons l’ouvrir, nous allons mettre le doigt là où ça fait mal, et nous allons contribuer de façon décisive à la victoire du « non ».

Ce qui se joue en ce moment au P.S., ce n’est pas seulement la question de la ratification du traité. C’est la place des libéraux sur l’échiquier politique français. Est-ce que, au lendemain du référendum, le camp du libéralisme sera la Droite, ou est-ce qu’il comprendra aussi une grande partie de la Gauche ? En somme, est-ce que le P.S., aura capitulé « urbi et orbi » face au capitalisme financier ?

Quoi qu’il en soit, chers camarades, il y a eu une vie avant le traité constitutionnel, et il y en aura une après, quoi qu’il arrive. Parce que, quoi qu’il arrive, les Français auront besoin de gens pour défendre les Services Publics. De gens fiables, sincères, clairvoyants. Des gens comme vous. Quoi qu’il arrive, les Français auront besoin de nous pour défendre les salariés. Quoi qu’il arrive, les Français auront besoin de nous pour défendre les petits exploitants agricoles, les artisans, les petits commerçants. Et bien ils pourront compter sur le Mouvement Républicain et Citoyen.

Pour commencer sa mission, la direction nationale devra rencontrer toutes les organisations syndicales avant mars prochain. Nous resterons aussi très vigilants et attentifs au mouvement associatif. Nos liens avec ATTAC doivent se resserrer.

Le M.R.C. n’est pas isolé. Nous ne cèderons rien, rien, de ce qui fait la force et l’originalité de notre projet. Mais nous saurons agir, discuter, « être dans le jeu », pour faire partager nos idées. Pierre Mendes France disait « toute politique n’est pas sale, toute action n’est pas vaine ». Nous le confirmerons.

Le M.R.C. a de belles années de vie politique devant lui.

Je vous remercie.

Georges Sarre est ancien ministre, maire du XIe arrondissement de Paris, président du club Laïcité.

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