Mise en ligne le 03/06/2005
MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN

JEAN-PIERRE CHEVENEMENT
Article publié dans Le Figaro, le 1er juin 2005

Chevènement propose à la gauche des états généraux
mercredi 1er juin 2005

IL ESTIME QUE LA VICTOIRE DU NON DOIT TROUVER SA TRADUCTION DANS UNE "STRUCTURE POLITIQUE"

Honni en 2002 par l'ensemble du PS, qui lui faisait porter une part de responsabilité dans la défaite de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, Jean-Pierre Chevènement peut-il espérer un retour en grâce auprès de certains socialistes ? L'ancien député de Belfort s'est battu, comme Laurent Fabius ou Henri Emmanuelli, contre la Constitution européenne. Interrogé fin mars sur un éventuel rapprochement avec les socialistes opposés au traité, il répondait alors « qu'en cas de victoire du non tout redeviendrait possible (...) à condition que le PS réoriente son projet politique ».

Aujourd'hui, le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui avait quitté le PS en 1992 au moment de Maastricht, élude toute question sur ses intentions personnelles vis-à-vis de ce parti. « Ce qui est à l'ordre du jour, c'est une recomposition et une refondation de toute la gauche sans exclusive et sans tabou, dit-il. Mais sur la base d'un projet qui soit en rupture avec le social-libéralisme que la gauche professe depuis 1983. »

Jean-Pierre Chevènement estime encore que « ce qui s'est passé dans le pays est profond et doit trouver sa traduction dans une structure politique ». Il verrait bien, pour cela, des « états généraux de la gauche », qui auraient pour thème : comment préparer l'alternance de 2007 et sur la base de quel projet ? « Je pense que la gauche est confrontée à un défi formidable dont elle ne se sortira pas avec quelques accommodements ou par un coup de peinture sur un banc vermoulu », dit-il.

Premier secrétaire du MRC, Georges Sarre n'imagine pas une seconde une « dissolution » de son parti dans « un courant socialiste ami ». « Nous sommes quelque part leur remords. Car ce que nous disons depuis 1983 a été validé le 29 mai, assure-t-il. Le PS et le PC doivent comprendre que nous ne sommes pas là pour leur tondre la laine sur le dos, mais pour aller ensemble dans la même direction », insiste-t-il. Pour Patrick Trannoy, délégué national, le MRC veut bien être du débat, mais « nous serons vigilants » : « Il ne s'agit pas de renier notre identité et de refaire la même erreur qu'en 1997, c'est-à-dire de conclure un accord de gouvernement avec le PS sans avoir auparavant défini un projet de société clair. »

Rodolphe GEISLER

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