SORTIR LA FRANCE DE L'IMPASSE
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SORTIR LA FRANCE DE L'IMPASSE de Jean-Pierre Chevénement ; Paru aux Editions Fayard ; 5 Octobre 2011 ; 168 pages.
"La France est elle finie ?", tel était le titre du dernier livre salué par le public et dont le succès lui a valu d'etre couronné par le prix du Meilleur Livre Politique de l'année. Aujourd'hui, Jean-Perre Chevénement nous offre une réponse optimiste et réaliste par la parution de son dernier ouvrage intitulé "Sortir La France de l'Impasse". Le Comité Local d'Hénin Beaumont l'a lu pour vous.
On a beau être habitué, Jean-Pierre Chevénement réussit le tour de force d'étonner une fois encore. Etonner par la clarté de sa vision mondiale géopolitique et stratégique, étonner par la pédagogie qui est la sienne, étonner par ce superbe exercice intellectuel qui est le sien "Pour la France, l'heure des temps difficiles est venue", voilà la phrase avec laquelle Jean-Pierre Chevénement nous plante le décor. A la force d'exemples et d'illustrations, le sénateur de Befort nous amène peu à peu à constater l'impuissance de nos politiques, rongées par un capitalisme financier et notamment en Europe depuis l'adoption de "l'Acte Unique qui a libéré les mouvement de capitaux, y compris vis-à-vis des pays tiers".
Il nous parle de la monnaie politique, mal construite et qui consacre la domination économique. Il y parle notamment de l'influence de l'Allemagne qui réintroduirait l'idée d'une hiérarchie des peuples au travers des PIGS (acronyme utilisé par les observateurs économiques pour désigner les quatre pays de l'Union : Portugal, Italie, Grèce et Espagne ou Spain en anglais). Ces quatre pays ont une activité économique en dents de scie et sont considérés comme manquant de disciplines fiscale et commerciale. Les déclarations de notre élite politique française vis à vis de l'Allemagne prennent ici toutes leurs dimensons surtout quand on sait que la France est considérée par l'élite politique allemande comme un voyageur de seconde classe qui voyage en première !
Jean-Pierre Chevénement replace ainsi le tissu production franças dans un contexte plus général entraîné malgré lui dans les dérives du capitalisme financier, etc. Puis vient l'explication sur la domination du secteur bancaire et financier sur le reste de notre économie depuis les années 1990 et 2000, l'impact de la chute du mur de Berlin et l'intégration de la Chine dans l'OMC en 2001. A ce niveau du livre, les pièces se mettent en place et l'étendue et la complexité de la situation dans laquelle nous nous trouvons nous apparaît...
On ne peut alors que citer certains propos clairvoyants empruntés à Jean-Pierre Chevénement et qui redonnent l'espoir "il y a un conflit de légitimité entre les peuples et les marchés financiers, qui ne sera tranché que lorsque les premiers auront repris le contrôle des seconds". Si "les temps ne sont pas encore mûrs pour une révision du traité de Maastricht, [...] on peut imaginer que sous l'empire des crises à venir et des nécessités subséquentes, l'architecture de la maison européenne, puisse être revue de manière pragmatique, par adjonctions et glissements successifs". La réalité reprend alors ses droits car une reprise en main de l'économie est possible selon deux scénarios. Le premier est une rédéfinition du rôle de la BCE (Banque centrale européenne) qui intégre la croissance et l'emploi et qui fait de la monétisation de la dette publique l'une de ses principales missions tout comme la nécessaire dévaluation de l'euro par rapport au dollar et au yuan.
Ce scénario dépend de la détermination du prochain Président de la République comme de la capacité des autorités allemandes à l'écouter. Le second scénario permettrait la création de plusieurs monnaies en lieu et place de l'Euro évoluant dans un nouveau système monétaire européen, dûment négocié et non imposé, entre les Etats. Ce système permettrait des ajustementspar voie de dévaluation au besoin et pourrait donc s'étendre au Royaume-Uni comme au grand Est européen. Un troisième scénario, le pire, serait de voir notre futur Président de la République accepter de voir la zone euro réduite à une zone mark !!! Mais là c'est aux militants que nous sommes d'éviter que celà
puisse se produire en élisant un Président à la hauteur des enjeux et de notre avenir. L'alternative véritable" dont parle Jean-Pierre Chevénement ne consiste pas à proposer "un projet tout ficelé" mais "une large vision, une ligne directrice, bref, un cap pour redresser la France, quitte à rebattre les cartes de la construction européenne".


