MOUVEMENT
REPUBLICAIN ET CITOYEN
IRAK - Communiqué de Jean-Pierre Chevènement
8 novembre 2002
Le
compromis intervenu au Conseil de Sécurité sur l'Irak doit beaucoup à la diplomatie
française et à l'implication personnelle de Jacques Chirac. La démonstration
a été faite que lorsque la France a une volonté, elle peut aiguillonner la Russie
et la Chine et tempérer l'unilatéralisme américain.
Ce n'est pas « l'Europe-puissance », c'est la volonté française qui a fait reculer
Monsieur Bush. Nous ne pouvons cependant pas nous dissimuler l'ambiguïté du
compromis franco-américain : si le Conseil de Sécurité ne se réunit une seconde
fois que pour « considérer » une situation de guerre qui aura été voulue et
créée par les Etats-Unis d'Amérique, ce compromis aura été un marché de dupes.
Il est essentiel de rappeler que seul le Conseil de Sécurité peut décider du
recours à la force, même si l'Administration américaine semble considérer que
la résolution du Congrès américain lui suffit. Nous ne devons pas accepter cet
unilatéralisme.
Rétrospectivement, la situation actuelle met en relief l'erreur commise par
la France quand elle a accepté en mars 1999 l'intervention au Kosovo sous la
seule égide de l'OTAN, en dehors de l'autorisation du Conseil de Sécurité des
Nations Unies. Dans l'immédiat, il va falloir que les Inspecteurs de l'ONU puissent
retourner en Irak et faire leur travail, à l'abri de toute provocation, du type
de celle créée par les Etats-Unis pour légitimer leurs bombardements du 18 décembre
1998 sur les « sites présidentiels ». Il faut continuer à mobiliser l'opinion
publique contre une guerre qui, malgré la détermination de l'Administration
américaine, ne doit pas être considérée comme fatale.