Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen

Les dangers de l'abandon d'une réelle politique de Recherche en France
9 avril 2003

François Jacob, prix Nobel de physiologie et médecine nous le rappelle (cf. Le Monde) : aujourd'hui, la puissance d'un pays se mesure à la force de son potentiel scientifique, tant il est vrai qu'une nation qui abdique son effort en la matière se condamne à la régression et à la dépendance. Car il n'y a de progrès économique et social, dans tous les secteurs, sans les connaissances et les méthodes de la science et des techniques.

Lorsqu'il était candidat à la présidence de la République, Jean-Pierre Chevènement avait proposé que la France porte la part de son investissement en recherche-développement à 3 % du PIB. Un nombre important de chercheurs s'était alors rangé derrière lui, d'autant qu'il reste dans toutes les mémoires le travail de confiance et de mobilisation accompli lorsqu'il était ministre en charge de la Recherche, promue au rang de priorité nationale.

Or l'actuel gouvernement, oublieux des promesses du président de la République, a décidé de faire porter l'essentiel du sacrifice financier découlant de sa politique d'austérité budgétaire sur le secteur de la Recherche. Amputé de 30 % au moins, voire du double dans certains secteurs tels que celui de la culture scientifique, ce budget, réduit à l'état de squelette, ne permettra pas à la France de continuer à tenir son rang dans le contexte international.

Il est aujourd'hui évident que les avancées dans les domaines de la santé, des techniques du futur, de la maîtrise énergétique, de la gestion durable des ressources et de la biodiversité, pour ne citer que quelques exemples, demandent un effort continu de la part de l'Etat, et ne peuvent s'accommoder d'à-coups qui conduisent à une régression et à une perte de notre performance internationale. Que devient notre politique spatiale avec l'abandon en vue de notre savoir-faire en matière d'observation de la terre ? Que restera-t-il de notre dépendance énergétique ?

Pire encore : en décourageant par ces signaux négatifs certains chercheurs, c'est toute une politique de relève qui est mise à mal, pour le plus grand profit de pays d'apparence plus attractive. Veut-on faire de la France le fournisseur de matière grise scientifique des Etats-Unis ? Et comment prétendre vouloir intéresser notre jeunesse à la science et à la technologie si le gouvernement lui-même s'en détourne En renonçant à maintenir le cap en faveur de la recherche, le gouvernement condamne à terme la France à la vassalisation économique et sociale et à la dépendance.

Nous ne pouvons que condamner vivement ce tournant très grave dans sa politique. Le MRC s'associe donc aux mouvements de protestation qui se manifestent dans la communauté scientifique française.

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