MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN
Il
faut réagir face à la baisse clandestine du taux de remboursement de plus de
600 médicaments
23 avril 2003
Le
MCR ne peut qu'apporter son soutien total au communiqué de Jean-Pierre Davant,
président de la Mutualité Française, à la suite de la baisse qui se voulait
clandestine du taux de remboursement d'un certain nombre de médicaments pendant
le week-end pascal, passé de 65% à 35%.
Comme le dit fort justement Jean-Pierre Davant :
"Pour tenter de boucher le trou de l'assurance maladie, on impose des charges
supplémentaires aux mutuelles, ce qui aura pour conséquence d'accroître les
cotisations des adhérents mutualistes (....) ; décidément les ministres en charge
de la santé manquent d'originalité.. Jean-François Mattei poursuit la politique
du sapeur Camembert engagée par son prédécesseur Martine Aubry (...) ; les Français
sont une fois de plus les grands perdants de ces mesures qui ménagent par contre
les intérêts des laboratoires pharmaceutiques (..).Alors que l'on vient d'apprendre
que les dépenses de médecine de ville ont augmenté de plus de 8 % en un an,
il est temps de proposer aux Français d'aménager structurellement notre système
de santé plutôt que de multiplier les mesures parcellaires et il convient de
privilégier l'intérêt général plutôt que les intérêts corporatistes".
Dans cette manoeuvre peu glorieuse, ce qui frappe le plus, c'est que le gouvernement
veut faire payer aux Français son manque de courage.
Certes, la pharmacopée française est encombrée d'un grand nombre de médicaments
inutiles, dont l'efficacité n'a jamais été démontrée : or, soit l'efficacité
d'un médicament a été prouvée, et il doit être remboursé comme les autres ;
soit elle ne l'a pas été, et ce n'est pas un médicament ; dans ce cas, la baisse
partielle de son taux de remboursement ne fait que transférer la part restante
sur le budget des mutuelles, alors qu'il devrait être totalement déremboursé.
Mais le gouvernement n'a pas osé affronter les intérêts des laboratoires pharmaceutiques
: les médicaments qu'il a choisi de dérembourser partiellement, sont, pour beaucoup,
des médicaments à l'efficacité parfaitement démontrée, et ne font pas partie
des 835 médicaments, à Service Médical Rendu insuffisant, selon le bilan établi
en avril 2001 par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
(Afssaps).Bien au contraire, il s'agit, pour beaucoup d'entre eux, de médicaments
particulièrement prescrits parce que particulièrement efficaces...et c'est là
leur tort ! Incapable, comme ses prédécesseurs, de contrôler le bien-fondé des
prescriptions médicales, incapable d'affronter les intérêts de certains laboratoires
pharmaceutiques, il laisse les assurés sociaux, groupe de pression moins influent
que les médecins ou l'industrie pharmaceutique, faire les frais de sa lâcheté.
Ainsi, la solidarité nationale face au risque maladie est-elle abandonnée de
façon caricaturale : à l' Assurance-Maladie, le financement de ce qui est peu
prescrit parce que peu efficace ; à chaque Français, le financement personnel
(direct ou par le biais de de primes à une assurance complémentaire indépendantes
de son revenu) celui de ce qui est efficace.
Elie Arié est secrétaire national du MRC à la santé