MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN

Alstom : "Un crime contre l'emploi et contre l'Europe"
jeudi 18 septembre 2003

Jean-Pierre Chevènement

L'injonction faite à l'Etat par la Commission européenne de ne pas entrer dans le capital d'Alstom est un crime contre l'emploi et contre l'Europe.

Un crime contre l'emploi car seule la présence de l'Etat au capital de l'entreprise pouvait assurer la pérennité de celle-ci aux yeux de ses clients, comme le démontre la chute des commandes au premier semestre (-28 %). Seul aussi l'engagement direct de l'Etat pouvait rassurer la quarantaine de banques françaises et étrangères qui tiennent Alstom, lourdement endetté, à leur merci.

Crime contre l'Europe : en refusant la solution proposée par les pouvoirs publics français, la Commission européenne manifeste que l'orthodoxie libérale et le formalisme juridique ont plus de prix pour elle que la sauvegarde de 118000 emplois dont la moitié en Europe, sans compter les emplois indirects, au moins aussi nombreux. L'Europe, pour sauvegarder son tissu économique, a besoin d'une politique industrielle dont M. Monti s'est montré le fossoyeur, en refusant par exemple la fusion Legrand-Schneider autorisée quand il était trop tard, par la Cour de Justice européenne.

Au nom de la concurrence, la Commission européenne tue la concurrence. Elle livre en fait Alstom à Siemens qui restera le seul producteur européen de matériels ferroviaires et de centrales énergétiques. La concurrence ne sera plus qu'avec General Electric et Mitsubishi ! Siemens sera en situation de monopole européen.

La Commission s'est prononcée à l'unanimité. La responsabilité de M. Prodi et celle des commissaires français, MM. Barnier et Lamy, est donc lourdement engagée dans cet acte de haute trahison à l'égard de l'intérêt général européen. Il faut rompre avec cette Europe-là !

Je demande instamment au président de la République de mettre en oeuvre tous les moyens au niveau de l'Etat et du secteur public pour qu'Alstom reste une entreprise française et qu'on continue de produire en France turbines, alternateurs, locomotives et paquebots. Ne pas réagir à la décision de la Commissione européenne serait accepter un Waterloo industriel et social. J'attends aussi des dirigeants de l'UMP et du Parti socialiste, qui ont porté le traité de Maastricht sur les fonds baptismaux, qu'ils se positionnent clairement sur ce dossier.

Qu'on compte sur moi, en tout cas, pour ouvrir le procès de MM. Monti, Prodi et consorts.

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