MOUVEMENT REPUBLICAIN ET CITOYEN

Le projet dit de « Constitution européenne » offre le monde du travail et l'avenir des peuples à la dictature de la finance
vendredi 3 octobre 2003

Jean-Pierre Chevènement

L'Europe est à refaire et la « Constitution européenne » de M. Giscard d'Estaing, sur laquelle petits et grands vont se déchirer à Rome, ne changera rien à l'essentiel. En effet, elle néglige complètement l'urgente révision de l'architecture de la politique économique et monétaire élaborée à Maastricht qui enferme l'Europe dans la récession. L'euro à 1,16 dollar étouffe nos exportations. L'immobilisme de la Banque centrale européenne en matière monétaire et l'absurdité du pacte de stabilité budgétaire font de la mondialisation une course à handicaps pour l'Europe. Celle-ci est désarmée face aux OPA des entreprises américaines surcapitalisées. Au nom de la concurrence, la Commission tue toute politique industrielle comme on l'a vu avec l'affaire Alstom.

En réalité, c'est la philosophie à la fois libérale et malthusienne des textes européens qui est complètement à revoir. En réaffirmant après le traité de Maastricht, dans son article 111-36, la nécessaire subordination de toute politique au « principe d'une économie ouverte où la concurrence est libre », le projet dit de « Constitution européenne » désarme l'Europe dans la mondialisation et offre le monde du travail et l'avenir de ses peuples à la dictature de la finance.

Il faut refaire l'Europe en donnant à l'Europe les moyens de se défendre dans la mondialisation au XXIe siècle et non à partir d'un texte débile, prétexte à des déchirements myopes, fondés sur des enjeux de pouvoirs picrocholins.


Jean-Pierre Chevènement est ancien ministre et président d'honneur du MRC.

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