MOUVEMENT
REPUBLICAIN ET CITOYEN
Réunion de l'OMC à Cancún : la grande tromperie
vendredi 12 septembre 2003
Des dizaines de milliers de paysans mexicains ruinés par les importations massives
de maïs en provenance des Etats-Unis marchent sur Cancun pour bloquer la négociation
; tout est là : depuis qu'un traité de libre échange a été conclu entre les
Etats-Unis, le Canada et le Mexique, des centaines de milliers de paysans mexicains
sont jetés dans la misère car travaillant sur de petites structures, sans mécanisation
ni beaucoup d'engrais, et surtout sans aide de leur Etat, ils ne peuvent faire
face à la concurrence du maïs américain subventionné, produit sur de grandes
exploitations dans des conditions de productivité 10 à 30 fois supérieures.
Ce qui est vrai pour le maïs est vrai pour beaucoup d'autres denrées agricoles,
ce qui est vrai pour le Mexique est vrai pour la plupart des pays en voie de
développement.
Les orientations de l'OMC ne mettront pas fin à ce genre de situation inacceptable
mais au contraire le généraliseront en allant vers la suppression d'un maximum
de droits de douane. Les orientations de l'OMC n'assureront pas la souveraineté
alimentaire des Etats mais au contraire refuseront l'organisation de grands
marchés régionaux protégés, à l'échelle de grands groupes de pays qui auraient
des niveaux de développement voisins, seule solution pourtant pour permettre
aux agricultures du tiers monde de décoller.
Ainsi sous couvert de liberté du commerce, le grand marché mondial agricole
va s'étendre entraînant de fait une main-mise plus grande encore des plus riches
sur la planète, car les plus riches ont le moyen de faire du dumping.
Qui aujourd'hui peut ignorer que derrière cette tentative d'organiser le commerce,
l'OMC est d'abord un lieu de chantage, où les plus faibles sont obligés de se
taire et d'accepter ce qu'imposent les Etats Unis ?
Qui peut ignorer aujourd'hui que la réforme de la PAC adoptée il y a quelques
semaines par l'Europe est d'abord une immense tromperie dans laquelle on change
seulement la couleur des boites des subventions, autrement dit leurs modalités
d'attribution mais guère leur montant ?
Parce que la réalité économique et sociale entraînée par les décisions de l'OMC
concernant les échanges mondiaux risque d'apparaître en trop gros décalage par
rapport aux discours et orientations de l'OMC, la lutte contre la mondialisation
libérale peut à cette occasion progresser d'un cran : Cancun en ce sens peut
être un déclencheur.