MOUVEMENT REPUBLICAIN et
CITOYEN
Fermer
la fenêtre | Accueil
DÉCLARATION COMMUNE DU PCF ET DU MRC SUR LE PROJET
DE "CONSTITUTION" EUROPÉENNE
Pour
nos deux partis, l'Europe doit être une chance, un levier, un espoir
vendredi 5 décembre 2003
C'est possible si l'Europe respecte la liberté démocratique des peuples, si
elle est clairement une alternative à l'Europe libérale qui nous est imposée
aujourd'hui.
Au cœur de l'Europe que nous voulons, il n'y a pas le « marché » mais les citoyennes
et les citoyens qui la composent. Nous nous battons pour la reconnaissance effective
de leurs droits.
La « libre concurrence » proposée par le projet dit de « constitution » ne doit
pas être le socle de la construction européenne. L'Europe que nous voulons,
c'est la capacité de défendre des choix de société solidaires dans la mondialisation.
L'Europe doit défendre les services publics, la protection sociale, l'éducation
pour toutes et tous, la laïcité.
Nous n'acceptons pas que l'indépendance de l'Europe soit définitivement compromise
par un rattachement « constitutionnel » à l'OTAN, ainsi que le propose le projet
dit de « constitution ». L'Union Européenne doit user de son poids pour faire
prévaloir : le multilatéralisme authentique, fondé sur les principes de la Charte
des Nations Unies ; le codéveloppement durable, fondé sur la solidarité ; le
refus de la « guerre préventive », fondé sur le respect du droit international.
L'Europe est une union de nations solidaires. Elle peut devenir un véritable
acteur stratégique de la politique mondiale. Le mécanisme des coopérations renforcées
entre les Etats en est un des instruments. La coopération entre la France et
l'Allemagne en est un exemple. Le texte de « Constitution » qu'on nous propose,
au lieu de dessiner un grand projet d'avenir, réduit l'Europe à un ensemble
économique incohérent, potentiellement impuissant.
C'est pourquoi nos deux organisations feront campagne pour que les citoyennes
et citoyens prennent conscience des enjeux de ce texte. Nous le ferons grâce
à des confrontations d'opinions réellement pluralistes et publiques. C'est une
exigence de démocratie. Les citoyennes et les citoyens devront pouvoir se déterminer
le moment venu, par voie de référendum sur le texte qui sera issu de la Conférence
intergouvernementale. C'est aussi une exigence essentielle pour le développement
d'une véritable conscience européenne.
En l'état, le projet dit de « Constitution » est pour nos deux formations inacceptable
: il « constitutionnalise » un modèle européen libéral que nous rejetons, il
ferme la porte aux transformations démocratiques et sociales que nous appelons
de nos vœux.
Nous n'acceptons pas que la Banque centrale européenne et le pacte de stabilité
déterminent la politique économique de l'Union européenne sans contrôle politique
et sans que soit pris en compte le soutien à la croissance et à l'emploi.
Ensemble, dans le respect de nos différences, nous disons non à cette « Constitution
» libérale.
Nous voulons l'Europe des peuples, l'Europe du progrès social, l'Europe de la
démocratie, l'Europe de la solidarité, de la paix.
Paris, le 4 décembre 2003.