MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN

COMMUNIQUÉ DE MICHEL VIGNAL, SECRÉTAIRE NATIONAL DU MRC À L'ÉDUCATION

Le ministre François Fillon peu convaincant
lundi 22 novembre 2004

Les propositions présentées par François Fillon s'inscrivent dans la ligne du rapport Thélot, tout en en donnant un version prudente, expurgée de quelques uns des points négatifs.

L'attaque frontale contre la démocratisation est atténuée avec le rétablissement des 80 % d'une classe d'age au niveau du bac fixés par Jean-Pierre Chevènement, et l'objectif nouveau de 50 % de diplômés de l'enseignement supérieur.

Le mécano compliqué et très pédagogiste, nourri par les tendances libérales-libertaires, est corrigé partiellement. L'approche plus pertinente du redoublement, les trois heures de soutien aux élèves en difficulté (si elles voient réellement le jour), l'affirmation de la liberté pédagogique des maîtres nous conviennent.

Mais outre que l'absence de moyens financiers se traduit par de nombreuses suppressions de postes, le MRC regrette que les propositions Fillon manquent d'une ligne de force. Ce n'est pas le projet fort et structurant que la nation attendait. Fillon, un peu comme Lang, cherche à passer entre les gouttes ! Il prend différentes postures, afin de chercher à plaire à des courants opposés sur la conception de l'Ecole.

Le plus grave, reste l'idée du « socle commun », encore mal défini et qui est réducteur et minimaliste par rapport aux connaissances actuellement enseignées. Malgré quelques corrections à la marge, c'est une conception utilitariste, préparatoire à l'adaptation à une société libérale qui se précise. Alors que près de 20% des élèves ne maîtrisent pas le français en fin de CM2, l'école primaire n'est pas réformée comme il conviendrait : il garde les cycles qui ont échoué. Le collège n'est guère traité, l'incertitude domine.

Enfin, la décision d'introduire une part de contrôle continu au baccalauréat, correspond à un choix en faveur de la simple massification sans la qualité ; sans relever le niveau d'exigence, la perspective d'une démocratisation réelle n'est pas retenue. Concession démagogique aux fédérations de parents d'élèves, le contrôle continu entraînera encore un appauvrissement de la valeur du bac, et la fin de l'anonymat pour certaines épreuves marquera la disparition progressive du diplôme national, du fait de l'inégalité des notations d'un lycée à l'autre. Demain, nous aurons un bac éclaté et localisé, au détriment de l'égalité républicaine ; Le MRC appelle à la résistance face aux aspects négatifs de ce projet. L'Ecole de la République doit être reconstruite autour d'une ambition réelle et d'une vision claire sur les missions et valeurs de l'institution.

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