MOUVEMENT REPUBLICAIN et CITOYEN
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Communiqué de Patrick TRANNOY
Directive Bolkestein et traité "constitutionnel" européen
Samedi 26 février 2005
SI L'ON EST CONTRE L'UNE, IL FAUT VOTER CONTRE L'AUTRE !
Parmi
ceux qui brocardent la directive Bolkestein, figurent des partisans du OUI au traité "constitutionnel"
européen. La schizophrénie a des limites. Décryptage...
- La directive Bolkestein, et notamment le principe du "pays d'origine", ont suscité un telle opposition
des forces sociales et politiques, en particulier en France, et une telle inquiétude des européïstes
à l'approche du référendum, que sa discussion a été "ajournée" à Bruxelles.
- Il existe pourtant une grande schizophrénie chez ceux qui prétendent s'opposer à la directive Bolkestein
tout en approuvant le traité "constitutionnel" européen (de François Hollande à Jean-Pierre Raffarin
en passant par Dominique Strauss-Kahn).
Certes, à l'évidence, la directive Bolkestein n'est pas prise en application du traité "constitutionnel"
européen, qui n'est pas encore en vigueur en tant que tel. Cette directive, qui relève du droit européen
dérivé, est prise en application de droit communautaire primaire remontant à l'acte unique européen.
Toutefois, le principe de la "concurrence libre et non faussée" présent dès l'article I-3 §2 du traité
"constitutionnel" européen, induirait lui même, soit par le droit dérivé, soit par la jurisprudence,
les mêmes écueils que ceux contenus dans la directive Bolkestein.
En effet, c'est dans le but de parachever le marché unique européen, et la concurrence "libre et non
faussée" qui doit y règner, qu'on veut supprimer les barrières règlementaires que représente la diversité
des législations nationales. A cette fin, la directive Bolkestein autorise (entre autres éléments) tout
entrepreneur européen qui vend des services, à appliquer la législation de son pays d'origine, et non
celle du pays où il commerce. Autrement dit, un entrepreneur polonais en France, appliquerait la législation
polonaise, aussi bien pour tout ce qui est relatif à ses salariés qu'aux conditions d'exercice de son
commerce.
De la même manière, en application du principe de la "concurrence libre et non faussée", la Commission
sera habilitée à émettre une directive allant dans le même sens. A défaut, les entrepreneurs seront
fondés à obtenir par la jurisprudence une telle interprétation du principe de la "concurrence libre
et non faussée".
Ainsi, si l'on veut s'opposer au contenu de la directive Bolkestein, il faut
s'opposer aux principes ultra-libéraux dont elle découle ; au contraire, les partisans du OUI cherchent
à les graver dans le marbre du traité "constitutionnel" européen...
Patrick TRANNOY est Secrétaire National, chargé de la communication et de la presse